Bérézina à Thiès : Le fiasco total de l’accueil de Diomaye

THIÈS – On annonçait une déferlante, un raz-de-marée aux couleurs de la nouvelle ère. Finalement, la capitale du Rail n’aura offert qu’un écho de vide et de désillusion. À la veille de la célébration de la fête de l’indépendance, l’arrivée du Président Bassirou Diomaye Faye à Thiès a tourné au naufrage politique. Entre amateurisme et désaveu populaire, retour sur une journée où la « machine » a grippé.

« Xanaa Wadji Yorotoul Game bi »

Le réveil brutal L’ambiance était glaciale, et ce n’était pas à cause de la météo. Dans les artères de la ville, le constat est sans appel : la ferveur habituelle des grands jours a laissé place à une indifférence polie, voire à une absence remarquée. Dans les « Grands-Places », une phrase revient en boucle, teintée d’ironie : « Xanaa Wadji Yorotoul Game bi ? » (L’homme ne maîtriserait-il plus le jeu ?).

Ce ratage pose une question de fond sur le poids réel des alliés de circonstance. Où étaient ces leaders locaux qui, hier encore, se frappaient la poitrine en clamant : « Thiès m’appartient » ? Le terrain a parlé, et le verdict est cinglant : ces « poids lourds » ne sont visiblement que des colosses aux pieds d’argile, incapables de mobiliser au-delà de leur propre salon.

Un déficit de communication criard

Comment expliquer un tel fiasco à la veille d’une date aussi symbolique que le 4 avril ? Le premier coupable est tout trouvé : la communication.

Absence de relais : L’information sur la venue du Chef de l’État a circulé comme un secret d’alcôve.

Désorganisation : Aucun travail de proximité, aucune effervescence dans les quartiers populaires qui font d’ordinaire battre le cœur de Thiès.

Timing décalé : On ne prépare pas l’accueil d’un Président entre deux portes, surtout dans une ville aussi politisée et exigeante.

Le mirage des alliances : Diomaye face au spectre de l’isolement

Ce revers thièssois sonne comme un avertissement sérieux pour le Palais. Si Bassirou Diomaye Faye pense pouvoir s’appuyer sur des ralliés de la 25ème heure ou des leaders en perte de vitesse pour faire contrepoids à la base historique du PASTEF, le calcul semble erroné.

« Si Diomaye mise sur certains leaders pour faire face à sa propre base ou pour asseoir une légitimité alternative, c’est peine perdue », analyse un observateur local.

Vouloir « jouer solo » ou déléguer la mobilisation à des intermédiaires déconnectés est un pari risqué. Thiès a toujours été le baromètre des rapports de force au Sénégal. Aujourd’hui, la cité du Rail a envoyé un message clair : elle ne se donne pas au plus offrant, ni à ceux qui ne parlent pas le langage du terrain.

Le constat est amer : pour le Président, cette étape thièssoise n’était pas une marche triomphale, mais une leçon politique. Reste à savoir si le message sera entendu avant que le fossé ne se creuse davantage entre le sommet de l’État et la réalité des rues.

Mouhamad Mbaye Alias Cherif Beug Fallou CBF 

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