THIÈS – Ce qui devait être une communion triomphale entre le Président Bassirou Diomaye Faye et la « Cité du Rail » a viré au revers logistique. Entre nids-de-poule abyssaux et promesses de réhabilitation non tenues, le cortège a dû revoir ses plans, laissant derrière lui des riverains en colère et des autorités locales dans l’embarras.
Un itinéraire chamboulé par la réalité du terrain
Le décor était planté, les drapeaux sortis, mais le bitume, lui, a refusé de jouer le jeu. Initialement prévu pour traverser plusieurs quartiers stratégiques de la ville, le passage du cortège présidentiel a dû être modifié à la hâte. La raison ? L’état de délabrement avancé de certains axes, jugés « impraticables » et « trop risqués » par les services de sécurité.
Pour une présidence qui prône la rupture et le pragmatisme, s’embourber dans les crevasses de la voirie thiessoise aurait été une erreur de communication majeure. Mais ce changement de trajectoire de dernière minute a surtout servi de révélateur à une gestion urbaine que beaucoup jugent aujourd’hui défaillante.
L’Avenue Caen : Symbole d’un « abandon organisé »
Le point de crispation cristallise toutes les attentions : l’avenue Caen. Sur place, le constat est amer. Les riverains ne décolèrent pas face à ce qu’ils appellent un « bricolage sans fin ».
« Cela fait que nous vivons avec des pavages posés sur des curages de caniveaux à l’air libre. C’est une insulte à l’urbanisme », s’indigne un habitant du quartier.
Pour beaucoup, ce « faux bond » présidentiel n’est pas une surprise, mais une confirmation. Les Thiessois dénoncent des infrastructures laissées à l’abandon, loin des discours officiels vantant une ville moderne et transformée.
Babacar Diop dans l’œil du cyclone
Au centre des critiques : le maire de la ville, Babacar Diop. Alors que ce dernier multipliait les déclarations assurant que « Thiès est fier de ses réalisations » et qu’il maîtrisait le terrain (le célèbre « Mo Teuyé Game bi »), la réalité a infligé un démenti cinglant à ses ambitions.
La question sur toutes les lèvres est désormais politique : pourquoi le Président Bassirou Diomaye Faye a-t-il ostensiblement décliné l’étroite collaboration avec les autorités locales lors de ce passage ? Pour de nombreux observateurs, le refus de s’engager sur les routes vantées par la mairie est un signal fort envoyé par le sommet de l’État. En contournant les zones sinistrées, le Président semble avoir refusé de cautionner une mise en scène qui ne reflète pas le quotidien des citoyens.
Un électrochoc nécessaire ?
L’incident de ce cortège pourrait bien marquer un tournant dans la gestion de la ville. En refusant de se plier à un itinéraire de façade, le convoi présidentiel a mis à nu les failles de l’exécutif local. Reste à savoir si ce revers servira d’électrochoc pour engager de véritables travaux de réhabilitation, ou si Thiès restera prisonnière de ses nids-de-poule et de ses promesses non tenues
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