Monsieur le Président n’est-il pas temps d’affirmer une bonne fois pour toutes, que vous êtes élu pour défendre les intérêts des Sénégalais de tous bords, et non ceux d’une quelconque corporation politique ?
Monsieur le Président, vous semblez avoir de sérieux problèmes avec la masse salariale de la fonction publique qui est passée de 1303,5 milliards de FCFA en 2023 sous le régime de Macky Sall à 1425,5 milliards FCFA sous votre magistère. Il se susurre beaucoup de choses sur cette question, et les Sénégalais ont le droit de savoir quelles sont les décisions que vous comptez prendre à ce propos.
Monsieur le Président, les Sénégalais veulent également savoir ce que vous allez faire pour rétablir la confiance avec les bailleurs de fonds et les partenaires stratégiques du Sénégal ?
Monsieur le Président, la publication des recettes et des dépenses publiques n’est-elle pas une question de clarté et de transparence pour la gestion des finances du pays ?
Monsieur le Président, les Sénégalais se demandent à quand le démarrage des grands chantiers et projets du Président de la République. Ils veulent savoir est-ce que cette promesse tient toujours ou elle est devenue quasi impossible à cause de la situation économique que traverse le pays.
Monsieur le Président, qu’est-ce qui permet de dire que la rupture systémique que vous avez annoncée en grande pompe est fondamentalement différente des politiques publiques précédentes ?
Monsieur le Président, l’élargissement de l’assiette fiscale peut-il suffire à trouver les fonds nécessaires pour assurer le développement du pays ?
Monsieur le Président, votre régime a défendu vouloir donner la priorité à l’agriculture et à l’industrie, mais il est constaté que le repositionnement de l’agriculture et de l’industrie pour en faire des moteurs de croissance tarde à se réaliser. Et le discours sur la souveraineté agricole et industrielle tant vanté par les autorités n’est pas encore une réalité dans ce pays.
Monsieur le Président le recours aux meilleures compétences et à tous les niveaux pour aller plus vite vers la résolution des problèmes des Sénégalais n’est-elle pas une urgence dans ce pays ?
Monsieur le Président, la concorde nationale et la paix sociale ne sont-elles pas des conditions incontournables pour sortir ce pays de l’impasse ?
Monsieur le Président, il est constaté que malgré votre bonne volonté, les recommandations que vous donnez à votre gouvernement traînent encore en longueur.
Monsieur le Président n’est-il pas temps de mettre fin à la cacophonie au sommet de l’Etat qui freine les initiatives et actions qui peuvent mener le pays vers la voie du progrès ?
Après presque deux ans de gestion du pouvoir, le Président de la République a le devoir de dire aux Sénégalais, ouvertement et clairement, où il veut mener le pays, avec qui et pourquoi ?
Alors si vous n’êtes pas prêts à diriger ensemble ce pays – le Président de la République et le Premier ministre-, ayez au moins le courage de le dire aux Sénégalais, car le pays ne plus se permettre de subir les conséquences fâcheuses de votre guerre de positionnement !
Babacar Papis Samba- La Pensée complexe.

