Arrestation arbitraire de Moustapha Diakhaté : Haro sur la judiciarisation du débat politique !

Monsieur Moustapha DIAKHATE, ancien Président du Groupe parlementaire de Benno Bokk Yaakaar n’est pas
un délinquant, faussaire ayant trahi un mandat de représentation élective. Il est poursuivi injustement et
illégitimement pour avoir collé une épithète à une posture des dépositaires du mandat de représentation
nationale.
Alors même qu'il est attendu de ce régime que les lettres de noblesse soient restituées à notre institution
judiciaire, longtemps entamée par les manœuvres à caractère déviant de sa vocation de garant des libertés et
de refuge des droits inaliénables, il est fort regrettable de constater, médusés et hagards, la mainmise de
l'exécutif sur l'agenda judiciaire.
Pire, la flagrance du deux poids, deux mesures dans le mode d'enrôlement des dossiers et des décisions y
relatives, est aussi curieuse que la désinvolture par laquelle elle renvoie exactement à la maxime de Jean de la
Fontaine qui excipe que : "selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront
blanc ou noir & quot;.
N’a-t-on pas assisté à une parodie judiciaire dans l'affaire dite Azoura FALL, militant du PASTEF et proche du
Premier ministre Ousmane SONKO? En effet, nanti d'un soi-disant certificat médical délivré par un médecin
militant du PASTEF et avec lequel, il espérait se soustraire du jugement pour son délit d'injures envers les
présidents Bassirou Diomaye FAYE et Macky SALL et certains de ses anciens collaborateurs.
Depuis quand une épithète est-elle plus blâmable voire juridiquement condamnable qu'un tombereau
d'insanités abreuvées par un proche du premier ministre à l'endroit des représentants élus du peuple ?
Le mépris que notre appareil judiciaire manifeste à l'endroit du caractère sacré de la Liberté doit interroger. Il
nous faut envisager, dans le cadre de la réforme du système judiciaire, la possibilité de commettre un juge des
libertés pour prévenir les enfermements systématiques.
Cela figurait parmi les réformes majeures ressorties des recommandations des conclusions des assises de la
justice organisée en mai 2024 par ce régime. Et à l'observation des atermoiements du gouvernement, quant à
leur mise en œuvre, tout porte à croire que cette majorité présidentielle ne rechigne point à s'exécuter.
Elle se complaît dans cette anachronisme vis-à-vis duquel le parquet, par le cordon hiérarchique qui le relie à la
chancellerie, et par voie de conséquence au premier ministre, Président du PASTEF, à entretenir la confusion
entre la politique judiciaire et la judiciarisation des différends politiques.
Sous ce rapport, il faut en tirer les conséquences politiques qui s'imposent : Moustapha DIAKHATE est un otage
politique doublé d'un prisonnier. C’est pourquoi, je lance un appel au Président de la République, clé de voute
des institutions, pour la libération de Monsieur Moustapha DIAKHATE et de toutes les personnes détenues
pour délit d’opinion telles que Abdou NGUERE, Assane DIOUF, …
Au demeurant, il nous faut envisager la remise en cause du système carcéral comme action de justice visant à
sanctionner les délits, infractions et contravention à la loi. Plusieurs jurisconsultes, nous ont fait la
démonstration de l'inefficacité sociale, de l'absurdité juridique et de l'inconséquence Politique qu'est la Prison.

Fait à Dakar, le 12 juin 2025
Honorable Député Maire Monsieur Mbaye DIONE
Secrétaire général de l’Alliance des Forces de Progrès

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