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Gestion du Fonds Covid-19 : La Chancellerie ne se Pres pas

Gestion du Fonds Covid-19 : La Chancellerie ne se Pres pas

S’il avait suivi les réquisitions du Parquet, le Garde des sceaux aurait dû faire enclencher les poursuites pénales contre les Dage et comptables de 9 ministères qui avaient eu à gérer des fonds du Programme de résilience économique et sociale (Pres) ou Force Covid. Depuis le 18 avril 2024, quand la demande lui a été transmise, le ministre de la Justice n’y a toujours pas donné suite.

Par Mohamed GUEYE – Le bruit fait autour de la gestion des 1000 milliards de l’argent destiné au Programme de résilience économique et sociale (Pres), communément appelé Fonds Covid, a toujours fait planer le sentiment qu’une fois un nouveau pouvoir en place après celui de Macky Sall, toutes les personnes indexées seront obligées de rendre compte de leurs (mé)faits. Des observateurs ont cru que cela allait être le cas, à la suite de la lettre adressée par le Parquet à la Chancellerie, le 18 avril 2024. Le procureur, se fondant sur le rapport de la Cour des comptes du 19 août 2022, et sur des enquêtes qu’il a fait diligenter par la Division des investigations criminelles (Dic), a recommandé des poursuites judiciaires pour des haut-fonctionnaires de 9 (neuf) ministères.

Il s’agit notamment, pour le ministère de la Santé et de l’action sociale (Msas), du Dage Ousseynou Ngom, de Badara Sène, directeur de l’Etablis­sement public de santé de Kaffrine, Lamine Diallo, son comptable, Mme Arame Top Sène, Directrice générale de l’Action sociale, et Mamadou Ndiaye, directeur de la Pré­vention. A toutes ces personnes, il est reproché diverses malversations, cumulées en association des malfaiteurs, faux et usage de faux dans un document administratif, et en écritures privées de commerce, détournement des deniers publics et blanchiment des capitaux. Il a même demandé le mandat de dépôt pour tout ce monde.

La Dage du ministère du Développement industriel et des pmi, Ndèye Aminata Loum, et Moustapha Diop, le gestionnaire du compte Mdipmi se voient reprocher des faits identiques dans leur ministère. Le Parquet demande à leur égard la délivrance d’un mandat de dépôt également.

C’est le même sort que l’enquête de la Dic a conduit le procureur à souhaiter pour les Dage Aliou Sow, du ministère du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale, et Djiby Diakhaté, du ministère de la Femme, du genre et de la protection des enfants. Si la Dage du ministère du commerce ne se voit pas reprocher grand-chose, ce n’est pas le cas de Alassane Diallo, Dage du ministère des Mines et de la géologie, de Léon Nzallé, Dage du ministère de la Culture et de la communication, de Mouhammadou Sène, Dage du ministère de la Jeunesse ou de Mamadou Ngom Niang, Dage du ministère des Sports.
Si le Garde des sceaux Ousmane Diagne avait suivi les réquisitions du Parquet, à l’heure où ces lignes sont écrites, tout ce monde aurait dû être placé sous mandat de dépôt et dans l’attente de l’ouverture de son procès. Bizarrement, malgré tout le bruit qui entoure cette affaire, on n’a nulle part vu une quelconque information judiciaire ouverte, ou que les mis en cause soient incriminés. Un esprit chagrin pourrait penser que le gouvernement a sans doute été refroidi par le fait qu’aucun des ministres de l’ancien régime n’ait été formellement mis en cause par les enquêteurs. Alors que la commune renommée présente plusieurs ministres du gouvernement Macky Sall comme des prédateurs des deniers publics, les voir exonérés par deux enquêtes indépendantes, l’une de la Cour des comptes, et l’autre de la Dic, ne doit sans doute pas faire l’affaire de leurs adversaires politiques. Mais cela n’est qu’une supposition.
lequotidien.sn

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