Thiès, ville carrefour et stratégique de la région ouest du Sénégal, est aujourd’hui au cœur d’une vive indignation. L’hôpital régional, censé incarner un lieu de soins et d’espoir, est tristement devenu synonyme de crainte, en raison de nombreux cas de morts subites que beaucoup estiment évitables.
Accompagner un malade dans cet établissement relève désormais du parcours du combattant. Retards dans la prise en charge, indifférence de certains agents de santé, manque criant d’humanisme : autant de défaillances qui alimentent un profond sentiment de frustration et d’injustice parmi les usagers.
Des témoignages accablants affluent. Familles et proches évoquent des patients laissés sans surveillance, des diagnostics posés trop tard, ou encore des refus de soins en situation d’urgence. « Ce n’est plus supportable. On ne sait plus si on va à l’hôpital pour guérir ou pour mourir », confie avec amertume un habitant de Thiès.
Cette perte de confiance pousse désormais une partie des Thiessois vers les cliniques privées, malgré des coûts souvent inaccessibles pour beaucoup. La défiance vis-à-vis du système hospitalier public prend racine.
Face à cette crise sanitaire locale, les populations appellent fermement le ministère de la Santé à engager une réforme structurelle et humaine de l’hôpital régional. Il est urgent de redonner à cet établissement sa mission première : soigner avec compétence, dignité et compassion. Car au cœur de toute politique de santé publique, une seule valeur doit primer : la vie humaine.
Mbaye Cherif Beug Fallou

