« Un régime qui liquide les médias mais légitime un salon de massage : une dérive inquiétante »

La situation des médias au Sénégal prend une tournure inquiétante sous le nouveau régime. Alors que plusieurs organes de presse font face à une liquidation forcée, accusés de ne pas se conformer à des normes parfois floues, l’officialisation d’établissements à la vocation controversée, comme des salons de massage, suscite l’indignation.

La liquidation des médias : un coup dur pour la liberté de la presse

Depuis l’arrivée au pouvoir de ce nouveau régime, des médias jugés critiques ou indépendants sont ciblés par des mesures draconiennes. Ces médias, pourtant essentiels pour garantir un débat public ouvert et informé, subissent des inspections régulières et des sanctions administratives qui se traduisent souvent par une fermeture définitive.

Les journalistes et responsables médiatiques pointent du doigt un processus de liquidation qui manque de transparence. « Nous sommes traités comme des criminels simplement parce que nous faisons notre travail. C’est un recul dangereux pour la démocratie », confie un rédacteur en chef sous couvert d’anonymat.

La légitimation d’activités controversées

Dans le même temps, le gouvernement semble accorder une priorité surprenante à l’encadrement et à la légitimation de certaines activités controversées. Parmi elles, l’officialisation récente d’un salon de massage fait éclater un débat. Si l’on ne conteste pas l’importance de réguler et de formaliser toutes les professions, cette initiative, perçue comme prioritaire au détriment de questions plus cruciales, provoque un malaise.

Les critiques fusent. « Alors que les médias, piliers de la liberté d’expression, sont laissés à l’agonie, on assiste à une reconnaissance d’activités qui ne contribuent en rien à la vitalité démocratique du pays », déclare un observateur politique.

Une stratégie politique sous-jacente ?

Certains analystes y voient une stratégie délibérée du pouvoir en place : affaiblir les contrepouvoirs représentés par les médias tout en multipliant les gestes populistes pour détourner l’attention des citoyens. En plaçant des priorités économiques ou sociétales marginales en avant-scène, le régime pourrait chercher à instaurer un climat où le contrôle des médias passe inaperçu.

La nécessité d’une mobilisation citoyenne

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour appeler à une mobilisation citoyenne et internationale. Les organisations de défense de la liberté de la presse tirent la sonnette d’alarme, rappelant que la survie d’une démocratie passe par un système médiatique libre et diversifié.

Le paradoxe entre la marginalisation des médias et la reconnaissance d’activités non prioritaires met en lumière une incohérence qui ne peut rester sous silence. Une question demeure : jusqu’à quand ce silence forcé pourra-t-il perdurer ?

Mouhamad Mbaye

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