Encore Birame Soulèye : Quand la Langue Prend le Pas sur la Raison
Saint-Louis, Sénégal — Alors que le pays suffoque sous le poids du chômage des jeunes, des licenciements massifs, de la vie chère et d’une vague d’arrestations inquiétantes, certains membres du gouvernement semblent avoir d’autres priorités. C’est le cas de Birame Soulèye Diop, ministre d’État et numéro 2 du parti PASTEF, dont la dernière sortie publique suscite une vive controverse.
À l’occasion de l’Université d’été de PASTEF organisée à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, Birame Soulèye Diop s’est illustré par des propos que beaucoup jugent irresponsables. S’adressant aux militants et sympathisants du parti, il a appelé à rendre insulte pour insulte :
« Kou saga Ousmane Sonko saga len ko, kou saga président de la République saga len ko, ndakh féyou dagane na »
(« Qui insulte Ousmane Sonko, insultez-le en retour ; qui insulte le président de la République, insultez-le en retour, car la vengeance est permise. »)
Une déclaration incendiaire, qui n’a pas tardé à provoquer une onde de choc dans l’opinion publique. Dans un contexte tendu, ces paroles sonnent comme une incitation à la division et à l’escalade verbale, à rebours des attentes placées dans un homme d’État censé incarner la responsabilité et la hauteur de vue.
470 jours de promesses en attente
Alors que le régime du « Gatsa Gatsa » enregistre 470 jours de promesses non tenues, que les étudiants manquent de bourses, que des milliers de diplômés attendent un emploi et que les familles s’inquiètent pour la rentrée scolaire, le déplacement de Birame Soulèye Diop à des centaines de kilomètres pour galvaniser les troupes autour d’une logique de revanche verbale interroge.
Certains observateurs dénoncent une politique spectacle, faite de punchlines et de polémiques, loin des vrais débats de fond. « Chaque sortie médiatique de Birame Soulèye est un nouveau tollé », note un analyste. « Il parle beaucoup, mais rarement pour les bonnes raisons. »
Un perroquet mal dressé ?
Sa langue, aussi vive qu’un perroquet mal dressé, semble fuir toute forme de retenue. Les sorties tapageuses de Birame Soulèye sont devenues un véritable casse-tête pour ses propres camarades. Ministre d’État, ancien président du groupe parlementaire de la majorité, il aurait pu aspirer à de hautes fonctions. Mais selon certains, sa propre langue lui a coûté cher.
On se souvient encore de la présidentielle manquée, où ses déclarations intempestives ont desservi la dynamique du camp Sonko. Et plus récemment, c’est le poste de Président de l’Assemblée nationale qui lui a glissé entre les doigts.
Un appel à la maturité
La politique, ce n’est ni un ring de boxe verbale, ni une foire aux injures. Elle exige rigueur, finesse et sens de l’État. Le Sénégal n’a pas besoin de leaders à la langue trop longue, mais à la vision longue. Des bâtisseurs de ponts, non de murs.
- De Senghor à Diomaye, notre pays a toujours eu besoin de responsables capables de rassembler, pas de diviser.
Monsieur le ministre, la politique n’est pas une cour de récréation. C’est une école de maturité et de responsabilité.
Il est temps de grandir… ou de se taire.
Mbaye Cherif Beug Fallou

