Je vais être honnête : j’attendais beaucoup du Dialogue National, mais j’ai été déçu. Plus d’une centaine de personnes ont pris la parole, parfois pour dire des choses intéressantes, parfois juste pour parler. Et à la fin, le Président n’a parlé que 15 petites minutes. Trop peu pour un moment aussi important.
L’opposition n’était pas bien représentée. Et certains qui ont été insultés ou humiliés par le passé se sont pourtant assis à la même table que leurs anciens détracteurs. C’est difficile à comprendre et à accepter.
Des voix importantes étaient absentes : Thiat de Y’en a Marre, Karim Khouroum Khakh, et bien d’autres. Pourtant, ce sont des gens qui font bouger les lignes dans ce pays. Leur absence a vidé ce dialogue de son sens.
Je salue malgré tout Anta Babacar Ngom et Aly Ngouille Ndiaye, qui ont eu le courage de dire les vérités que beaucoup n’osent pas. Ils ont parlé des vrais problèmes, là où d’autres ont préféré éviter les sujets qui fâchent. Chapeau à eux.
Mais ce qui m’a le plus choqué, c’est le silence sur l’essentiel : les difficultés économiques que vivent les Sénégalais chaque jour. Les prix montent, les jeunes galèrent, les entreprises ferment, et personne n’en parle vraiment. Et pire encore :
Les droits des citoyens sont de plus en plus bafoués.
Des voix sont étouffées, des journalistes menacés, des activistes emprisonnés.
Une presse muselée, qui ne peut plus faire son travail librement.Dans ces conditions, peut-on vraiment parler de « dialogue » ? Ce moment aurait pu être un vrai tournant pour le pays. Malheureusement, c’était une occasion manquée.

