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Sonko et la Presse : La menace ne passera pas !

Sonko et la Presse : La menace ne passera pas !

Hier, dimanche 9 juin 2024, les sénégalais ont eu droit à un show digne du président du Pastef, à l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar. Le président des Patriotes africains pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), Ousmane Sonko pour ne pas le nommer s’est dans un « one man show », comme il a l’habitude de le faire lorsqu’il était dans l’opposition, défoulé comme pas possible.  Seulement, cette fois-ci, il semble oublier qu’il est passé de l’autre côté, celui du pouvoir, depuis plus de 2 mois et que les sénégalais l’attendent dans un autre régistre, pas celui du « Gatsa-Gasta », auquel il avait appelé l’ancien régime et habitué les sénégalais.

La sortie de Ousmane Sonko contre la Presse, n’augure rien de bon. La relation toxique dans laquelle il veut s’empêtrer avec les médias ne l’honore pas. « Je dis, s’ils osent ou s’ils ont l’audace, qu’ils écrivent ce qu’ils avaient écrit », a prévenu le patriote en chef, revenant sur l’affaire de la mutation du général Kandé en Inde. Une information qui pourtant n’a jamais été démentie ni par la Dirpa, ni par le ministère de tutelle, encore moins par la Primature.
Néanmoins, des Directeurs de publications ont été convoqués à la Section de Recherches, auditionnés pendant des heures avant d’être libérés. Un avertissement pour toute la corporation et les journalistes qui s’aventurent à écrire sur un fait sans la moindre preuve. En parlant de preuves, Ousmane Sonko n’a-t-il pas révélé beaucoup de dossiers sans pour autant détenir une ou des preuves entre ses mains? Et pourtant la Presse l’avait relaté à cette époque. Le nouveau DG de la RTS, Pape Alé Niang, n’avait-il pas à plusieurs reprises dévoilé des informations classées  « Confidentielles » ou  estampillées « Top secret ».

Hier lors de sa conférence publique, le premier ministre a fait un aveu de taille, en disant que le ministre de la justice lui a envoyé la vidéo d’un patriote (Assane Fall) qui insultait les magistrats. Ce même ministre avait-il aussi demandé l’avis du PM sur les convocations des Dirpub des journaux, la Tribune et Le Quotidien ? Les médias attendaient le PM, oups ! le président du Pastef sur un autre régistre, notamment, « les mesures prises pour la réduction du coût de la vie », la lutte contre l’insécurité galopante, le chômage des jeunes, la suffisance des moutons de Tabaski.
Et pas les moindres, sa Déclaration de  Politique Générale devant l’Assemblée Nationale, l’enquête sur les manifestations meurtrières, l’enquête sur les disparitions de Fulbert Sambou  et Didier Badji ,qu’il a heureusement mentionné dans son speech.
Oui, chaque citoyen sénégalais doit payer l’impôt, les médias doivent payer les impôts, nous le savons tous et on est tous d’accord là dessus. Est-ce une raison de nous jeter en pâture, chaque fois que l’occasion se présente ? La presse va continuer à faire son travail comme à ses habitudes dans les règles de l’art, dans l’éthique et la déontologie, mais pas sous la menace. M. le président du Pastef, la Presse n’a jamais été l’ennemie d’un quelconque homme politique et ce n’est pas avec vous qu’elle va commencer. Les hommes passent et les Institutions demeurent. Que la Presse ne soit pas le bouc émissaire d’un probable échec. Que personne ne se cache derrière la Presse pour cacher ses tares.

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